CIFRI
vendredi 21 octobre 2011
L’arrosage des plantes
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mardi 23 août 2011
« Amkoullel, l’enfant peul » Actes Sud, Paris, 1991
Son « grand fleuve du dire » introduit à une démarche enthousiasmante l’éducateur d’aujourd’hui qui a troqué le tableau noir pour l’écran informatique, l’appartenance commune de ses élèves à une diversité culturelle presque insaisissable, et souvent l’autorité des parents biologiques contre la situation des « familles recomposées ».
vendredi 7 janvier 2011
Se souvenir ?
Les acteurs, les conteurs, les « anciens », marins ou paysans, surprennent les habitués des livres et des ordinateurs par les tirades qu’ils insèrent dans leur discours…et ils justifient souvent cette mémoire « orale » en évoquant des détails visuels attachés à leur apprentissage : Line Renaud précise, « je portais une robe de telle couleur », Olivier de Kersauzon décrit l’odeur de la mer dont il affrontait la tempête en reprenant la chanson : « il était un petit navire… » et la mélodie ressuscite sur ses lèvres, on dirait qu’associée aux embruns elle y reposait pour toujours.
Peut-on « apprendre » sans le concours des yeux, des oreilles, du nez qui rappelait à Camus l’odeur de ses livres de classe ? Mais, alors, quelle importance a la stabilité du cadre de la tradition des connaissances ! À défaut de rester dans la même salle de classe, la présentation des mêmes objets, témoins des matières enseignées, ne pourraient-elle pas faire partie de l’enseignement ?
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mardi 14 septembre 2010
Le balancement de la mémoire orale
L’anthropologue Marcel Jousse a démontré qu’on ne peut s’approprier la connaissance sans l’intériorisation du mouvement qu’il soit, au début, dansé ou mimé Cet enracinement dans le corps rend la mémoire orale aussi ineffaçable que celle de l’ordinateur ! Sans cette participation du corps à l’acte de l’intelligence, l’esprit ne peut se l’approprier définitivement.
Les peuples anciens ont maîtrisé des formes différentes d’apprentissage des connaissances qui se transmettent depuis le berceau et qui éduquent non seulement une civilité très codifiée mais un rapport très fin au temps et à l’espace. On se balance d’avant en arrière ou de droite à gauche. Et c’est toujours à cette référence essentielle de l’emplacement de l’auditeur que les guides modernes situent les lieux : « A votre gauche, à votre droite… »
Ce lien entre le corps et l’esprit est incontournable : Le théâtre a commencé bien avant l’école : qu’ils soient Grecs ou Japonais ou Bantous, tous les hommes lui ont confié l’éducation des peuples parce que ce procédé universel délègue à l’acteur le mouvement intérieur de chaque spectateur. La mémoire des scènes est souvent qualifiée d’émouvante, au sens précis du terme car elle met en mouvement celui qui les revoit plus tard, mise indéfiniment à sa disposition. C’est parce qu’il s’est intériorisé que le mouvement a gardé sa puissance.
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CF. Marcel Jousse « L’anthropologie du Geste », Gallimard, 2008
vendredi 30 avril 2010
Composantes de la Mémoire orale
Le linguiste Alain Rey remarque la survivance de certains mots antiques dans l’argot des banlieues alors même qu’ils ont disparus de la langue écrite. Retenus oralement, ces expressions ont traversé des siècles…à l’insu des érudits comme des analphabètes. Comment est-ce possible puisque le cadre visuel et peut-être l’accent qui pouvaient soutenir la mémoire de ces locutions a disparu ? L’auteur explique qu’entre la villa romaine du « Dominus », le château médiéval du « Dom » ou celui du « Baron » et l’appartement du HLM où le « Daron et la Daronne » tentent d’éduquer leurs rejetons, il reste une situation semblable : c’est à eux que revient l’autorité. A travers toutes les évolutions historiques, la relation a gardé ses fortes composantes d’affection et de crainte qui assure la continuité des mots. Le gamin s’excuse encore : «Je ne peux pas rester, ma daronne m’attend».
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Cf. « Lexik des cités », Fleuve Noir, 2007, p.8 / 9 et 135
jeudi 15 avril 2010
Fixation de la mémoire orale
Comment conserver le bénéfice de l’oralité tout en justifiant le recours au papier ? On peut aisément justifier le dessin du texte déjà retenu par cœur par la facilité qu’offre le papier pour partager le message avec des personnes hors de portée de la voix. La preuve de cette nécessité de fixer le message pour le transmettre se voit dans les antiques stèles du Louvre qui portent la parole égyptienne à travers les siècles. Le même musée expose aussi les fragiles et menues tablettes d’argile qui étaient les « devoirs de classe » des petits Babyloniens.
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Pour aller plus loin:
Histoire de l’Ecriture, Plon, 1996
vendredi 12 mars 2010
Mémoire orale, patrimoine de toutes les civilisations
Le risque le plus sévère de cet incident serait que mère et enfant se sentent définitivement étrangers au monde scolaire dans lequel ils avaient cru s’intégrer parce qu’ils en viendraient à « décrocher » quelques années plus tard. « Pourquoi tu pleures ? Ce n’est qu’un professeur, donc tu t’en moques. »
La mémoire orale a porté la culture occidentale pendant des siècles, c’est grâce à elle que nous connaissons les poèmes d’Homère. Elle fait donc partie intégrante de notre patrimoine, comment faire comprendre que l’écriture n’est qu’une extension de son message ?
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Pour poursuivre la réflexion:
Daniel Pennac « Chagrin d’école », Gallimard, 2007.